La remise des clés à un locataire suscite souvent des questions simples mais importantes : combien de jeux faut-il fournir, qui garde un double, et qui paie en cas de perte ? Nous analysons ici les règles, les recommandations courantes et les bonnes pratiques pour sécuriser la jouissance du logement tout en limitant les conflits entre bailleur et preneur.
Les points importants :
La loi ne fixe aucun nombre de clés, nous vous conseillons de standardiser la remise et de tout tracer pour limiter les litiges et fluidifier l’accès au logement.
- Remettez 2 jeux minimum complets (porte, boîte aux lettres, annexes), et si plusieurs occupants, visez un jeu par occupant.
- Inscrivez dans l’état des lieux le nombre, le type et la destination des clés, avec signature des parties, puis conservez une copie.
- Le bailleur peut garder un double, mais son usage doit être formalisé par écrit, avec accord préalable du locataire sauf urgence avérée.
- Perte ou copies supplémentaires : frais à la charge du locataire (éventuel changement de serrure inclus), sauf usure normale dûment constatée.
- Pour sécuriser la restitution, numérotez les jeux, notez les références de cylindres et joignez des photos au dossier d’entrée.
Aucune obligation légale précise
La réglementation française ne fixe pas un nombre exact de jeux de clés que le propriétaire doit remettre au locataire. Plusieurs sources spécialisées (Bien’ici, PAP, gererseul) insistent sur ce point : il s’agit d’une question d’usage et de respect de la jouissance paisible du logement.
En pratique, la loi impose au bailleur d’assurer que le logement soit en bon état d’usage et permette l’usage normal des lieux, mais elle ne quantifie pas les exemplaires de clés. Cette absence de norme signifie que l’accord entre les parties, souvent matérialisé dans l’état des lieux ou le bail, prend une grande importance.
Ce que dit la loi
La loi du 6 juillet 1989 impose au propriétaire de délivrer un logement permettant une jouissance normale, mais elle ne détaille pas la remise d’un nombre minimum de clés. Les commentaires juridiques et les sites spécialisés confirment que l’obligation reste générale, sans seuil numérique.
De ce fait, l’interprétation s’appuie sur l’usage et la pratique professionnelle. Les acteurs du marché recommandent des solutions pragmatiques et vérifiables pour éviter des contestations lors du départ du locataire.
L’usage et la jouissance paisible
Dans la pratique locative, l’usage implique que le locataire puisse accéder librement au logement et à ses dépendances. Cela inclut la porte principale, la boîte aux lettres et éventuellement des annexes comme une cave ou un garage.
Les professionnels conseillent de formaliser la liste des clés remises, car cette formalisation facilite la preuve et la gestion des responsabilités à la restitution du logement.
Recommandation minimale de 2 jeux
Face à l’absence d’une règle stricte, la recommandation la plus répandue est de fournir au moins deux jeux complets de clés. Cette approche est citée par Bien’ici, PAP et Bail Facile comme une pratique de bon sens.
Pour les situations de colocation, consultez notre guide pour les propriétaires.
Clés principales et annexes
Un jeu de clés concerne la porte d’entrée du logement, et on inclut souvent un second jeu pour la boîte aux lettres. Selon la configuration du bien, il est pertinent d’ajouter des exemplaires pour la cave, le garage ou d’autres dépendances.
Fournir deux jeux permet de répartir l’accès entre locataire et personnes de confiance, tout en limitant la nécessité de reproduction immédiate en cas de perte d’un exemplaire.
Importance pour plusieurs occupants
Lorsque plusieurs personnes occupent le logement, un seul jeu peut rapidement s’avérer insuffisant. Pour un couple ou une colocation, la recommandation de deux jeux devient un minimum recommandé, car elle facilite l’organisation quotidienne.
Les plateformes spécialisées évoquent explicitement ce point : donner au moins deux jeux, voire un jeu par occupant, réduit les tensions et les démarches administratives en cas de conflit ou de perte.
Un jeu par occupant en pratique
Au-delà de la recommandation de deux jeux, plusieurs acteurs du secteur (Manda, SeLoger) préconisent de fournir un trousseau par occupant. Cette règle pratique répond à des besoins réels d’accessibilité et de responsabilité.
Avantages pratiques
Offrir un jeu par personne simplifie la logistique quotidienne, notamment pour les horaires décalés ou les absences. Chaque occupant conserve son indépendance d’accès sans dépendre d’un tiers.
Cette organisation favorise également la bonne tenue du logement, car elle réduit le risque que plusieurs personnes manipulent le même trousseau, ce qui peut accélérer l’usure des clés ou augmenter les risques de perte.
Prévention des litiges
Sur le plan juridique, fournir un jeu par occupant limite les risques de litiges relatifs à l’accès ou à la responsabilité d’une clé perdue. Les acteurs du marché relèvent que la transparence sur le nombre de jeux remis facilite les réclamations et les réparations éventuelles.
Dans une colocation, la distribution claire des clés sert aussi à définir des règles internes, par exemple pour l’accueil d’amis ou la prise en charge des urgences, et renforce la confiance entre bailleur et locataires.

Pour synthétiser les options et leurs implications, voici un tableau comparatif utile pour les propriétaires et les locataires.
| Option | Avantage principal | Risque principal | Recommandation pratique |
|---|---|---|---|
| Un jeu unique | Coût initial faible | Accès restreint, conflits fréquents | Éviter sauf cas ponctuel |
| Deux jeux | Souplesse d’accès et remplacement facilité | Peut rester insuffisant pour plusieurs occupants | Standard recommandé |
| Un jeu par occupant | Meilleure organisation, moins de litiges | Coût de reproduction initial plus élevé | Préconisé pour couple et colocation |
| Bailleur conserve un double | Intervention en urgence possible | Risque d’entrées non autorisées si mal géré | Autorisé, mais à formaliser |
Propriétaire peut conserver un double
Le bailleur est autorisé à garder un double des clés, notamment pour pouvoir intervenir en cas d’urgence. Les textes d’information administrative et les guides de gestion locative confirment ce point.
Droit de garder un double
Conserver un double permet au propriétaire d’agir rapidement en cas de fuite d’eau, d’incident électrique ou d’autres urgences menaçant le logement. Les professionnels recommandent de prévoir cette possibilité lors de l’état des lieux.
Il est cependant conseillé de préciser par écrit la présence d’un double et les conditions d’utilisation, afin d’éviter les interprétations divergentes et de préserver la relation de confiance.
Limites d’accès et sanctions
Même si le bailleur possède un double, il ne peut pas entrer dans le logement sans l’accord du locataire. L’entrée non autorisée peut exposer le propriétaire à des poursuites pénales et à des sanctions civiles.
Les sources officielles rappellent que l’accès ne se justifie qu’en cas d’accord explicite, ou dans les conditions prévues par la loi, par exemple pour des travaux urgents avec notification préalable. En dehors de ces cas, l’autorité du locataire prime.
Mention obligatoire dans l’état des lieux
L’état des lieux d’entrée doit faire apparaître le nombre et le type de clés remis. Cette mention est une formalité simple mais efficace pour sécuriser la restitution des clés à la sortie.
Pourquoi le noter
Indiquer précisément les clés remises protège les deux parties : le locataire prouve qu’il a bien reçu les exemplaires, et le bailleur conserve une trace permettant d’exiger la restitution le moment venu.
Les guides pratiques (Bail Facile et autres) insistent sur la qualité probante de cette mention, qui facilite la résolution des litiges et évite les contestations sur la responsabilité d’une perte.
Formulation et preuves
La formulation doit être claire : nombre de jeux, destination (porte principale, boîte aux lettres, cave, garage) et état des serrures. Il est conseillé de faire signer et dater cette liste lors de l’état des lieux d’entrée.
Conserver une copie signée permet au propriétaire comme au locataire de disposer d’un élément de preuve en cas de désaccord à la sortie, par exemple pour réclamer des frais de remplacement si les exemplaires ne sont pas restitués.
Frais de reproduction à la charge du locataire
En général, la reproduction des clés à la demande ou en cas de perte est à la charge du locataire. Les acteurs de la gestion locative rappellent que le bailleur n’est pas tenu de fournir des clés supplémentaires gratuitement, sauf disposition contraire.
Pour d’autres obligations du locataire, voir l’article sur l’entretien de la chaudière et la répartition des responsabilités.
Perte ou besoin de jeux supplémentaires
Si le locataire perd une clé ou souhaite obtenir des jeux supplémentaires, il doit en assumer le coût. Cela inclut la reproduction chez un serrurier ou dans un atelier spécialisé, et parfois le remplacement de la serrure si nécessaire.
Il est utile de préciser que la rapidité de la reproduction et le choix du prestataire relèvent de la responsabilité du locataire, sauf accord particulier prévu dans le bail ou l’état des lieux.
Exceptions et vétusté
Des exceptions peuvent exister selon l’état de la serrure ou la vétusté du matériel. Si l’usure est avérée et qu’elle est imputable à la durée d’usage normale, le coût d’intervention peut être partagé ou pris en charge différemment selon les clauses du bail.
Pour éviter les contestations, il est recommandé de documenter l’état des serrures lors de l’état des lieux et d’indiquer explicitement les conditions de prise en charge des frais en cas de remplacement ou de reproduction.
En synthèse, la pratique recommandée consiste à formaliser le nombre et la destination des clés remises, à prévoir au moins deux jeux pour faciliter la vie quotidienne, et à clarifier dans l’état des lieux la répartition des responsabilités en cas de perte. Cette approche réduit les risques de conflit et facilite la gestion du logement pour le propriétaire comme pour le locataire.
